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>> Rapport de l'atelier Ubuntu et culture
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Portrait
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James Matthews, le poète du peuple
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M. James Matthews |
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Il vient de célébrer son 73e anniversaire. Eternellement jeune, il fait toujours partie des adolescents de la décennie, tout en étant considéré par ces mêmes adolescents comme un père spirituel. Lui-même aurait bien de la peine à compter ses fils et ses filles de cur. Il écoute, dispense des conseils, encourage sans juger, avec doigté et don de soi.
Né le 24 mai 1929 à Bo-Kaap, un quartier de Cape Town, dans un milieu ouvrier peinant à nouer les deux bouts, il se dédie très tôt à lécriture. Il travaille dans un journal pour assurer lalimentaire il a quatre enfants et écrit des nouvelles, des romans et de la poésie. Contestataire dans lâme, indépendant avant tout, il dénonce les horreurs de lapartheid
ce qui lui vaut les foudres de la censure. Certains de ses ouvrages seront publiés en traduction allemande sans avoir jamais vu le jour dans leur version originale.
Dès 1953, il publie des nouvelles dans des magazines et revues. En
1980 il devient écrivain à temps plein. Auparavant, il crée sa maison d’édition :
BLAC (Black Literature, Arts and Culture), qui sera fermée à maintes
reprises sous le régime d’apartheid et finira par disparaître
définitivement. Toujours pour ses prises de position publiques contre le
régime vicieux qui cherche à le museler, lui et tant d’autres, James
Matthews connaîtra la prison où il écrira certains de ses meilleurs
poèmes, censurés à l’époque mais qui viennent enfin d’être
édités sous le titre de Poems from a Prison Cell.
Avec une détermination et une force de volonté admirables, James Matthews vient de remettre louvrage sur le métier en créant une nouvelle maison dédition : Realities. Il choisit de publier des uvres engagées à un moment où, en Afrique du Sud, le plupart des petites maisons dédition ont fermé leurs portes ou sont entrées en léthargie, alors que les grandes choisissent sujets et auteurs en fonction des impératifs commerciaux. Une fois de plus, le poète se retrouve chef de file des dissidents, de ceux qui ne se laissent pas duper par le hiatus entre les promesses et les actions des politiciens au pouvoir, quelle que soit la couleur de leur peau.
James Matthews est connu pour son éthique impeccable autant que pour son talent de poète. Bien que proche du Black Consciousness Movement de Steve Biko, il na jamais voulu sinscrire à aucun parti politique pour pouvoir rester libre. Cette indépendance de même que son engagement pour le peuple, la dignité et la justice sont dailleurs une source dinspiration pour la jeune génération, artistes ou non. A sa manière, il aura grandement contribué à la libération intellectuelle de lAfrique du Sud.
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Learning to laugh and love again
is a painful task
in a land where laws in the past
were harsh as a desert sun
scorching soul’s sensitivity,
perusing through passages of time
my mind wanders among pages
listing holocausts and genocide
inflicted on the world’s people
placing their peril on recall
my pain has not been eased
with the sores of squatter camps
festering the landscape
laughter rips my lips
like cutting jaggered slivers
at pictures fronting pages
of sleek fat cats
gravy train campaigners
savouring gain brought about
by the death of martyrs not named
whose children’s children fill graves
their dying manifestations of poverty
the homeless seeking a place
among those squatting in squalor
to laugh and love
is still a difficult task
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Oeuvres principales :
- The Park and Other Stories, 1974, BLAC, réédité en
1983, Ravan, et en 1989, Longman.
- The Party is Over, 1997, Kwela
- Cry Rage ! 1972, Spro-cas
- Black Voices Shout !, 1974, BLAC
- Pass me a Meatball, Jones, 1977, BLAC
- Poisoned Wells and Other Delights, 1990, BLAC
- No Time for Dreams, 1981, BLAC
- Flames and Flowers, 2000, Realities
- Poems from a Prison Cell, 2002, Realities
Realities, P.O.Box 90, Athlone, South Africa représentation en Europe : andersonmno@hotmail.com
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